Discours du Maire Philippe Lorimier
19 octobre 2026, 18h, place de la Mairie Crolles
Mesdames et Messieurs, nous nous sommes spontanément rassemblés ce soir, pour que vive la démocratie, et pour répondre à l’appel de l’Association des Maires de France.
Quelqu’un tout à l’heure, je ne sais pas s’il est là, m’a demandé : « As-tu trouvé les mots ? ». Je ne sais pas si j’ai trouvé les mots, mais je vous livre les miens.
Tout ce week-end, je me suis posé la question : quel sentiment peut-on avoir en tant qu’élu local à l’égard de ces profusions d’images intenables où les forces de l’ordre sont dépassées et des biens collectifs dégradés, pillés, incendiés ?
Pour moi, pas besoin d’information en boucle sur BFM ou Cnews, il m’a suffi ce samedi 17 octobre vers 15h de voir des manifestants investir la Voie rapide Urbaine de Chambéry, très loin sans doute du parcours autorisé, pour me dire qu’une nouvelle étape avait été franchie. Une étape vers une présidentielle à risque si les démocrates ne s’unissent pas.
Mon inquiétude n’est pas nouvelle alors qu’on commence à peine à réguler les réseaux sociaux où les pertes de repères sont permanentes. J’en ai fait moi-même les frais, mais j’ai porté plainte et je continuerai à le faire.
Les réseaux, le royaume des influenceurs où tout semble permis, où l’irrespect, et la désobéissance sont érigés comme ligne politique même pour les plus grandes nations.
Pour qui, pourquoi cette violence ? Pour des politiques nationaux soucieux d’ego, d’avenir, de devenir, qu’ils soient ou non porteurs de bracelets électroniques.
Mais devenir quoi ? Des dirigeants autocratiques qui aujourd’hui disent oui à tout, avec des coups de gueule pour faire « populo » et de la harangue médiatique. Des responsables, et je mets des guillemets qui disent oui à toutes les minorités, pourvu qu’elles soient agissantes et agitées. Dans notre société, le « non » est devenu inentendable et la flatterie est érigée en gouvernance.
De quoi faire vaciller notre démocratie si nous continuons à nous éloigner de l’intérêt collectif, qu’il soit social, environnemental, économique ou de l’ordre de la sécurité.
Alors, ce soir je veux lancer un appel à la responsabilité, faut-il maintenir l’appel à manifester du 5 novembre ? Ou pire relancer la machine dès le week-end prochain ?
Oui, le droit de manifester est un droit intangible. Mais ne jouons pas en tartuferie, indépendamment de questionnements légitimes sur le pouvoir d’achat, sur l’école de demain, celles et ceux qui appellent à manifester ne pourront pas dire : « Nous ne savions pas. »
Faudra-t-il un mort des morts, pour redevenir responsable ?
Alors, ce soir, je vous dis que nous, élus de terrain, nous essayons modestement, dans notre République, de continuer à dire que la démocratie est bien là, présente, vivante. Mais qu’elle se gagne au quotidien dans tous les lieux, du café à l’Assemblée nationale, et qu’elle se gagne par le respect, l’écoute, l’explication, la transparence, l’enseignement et l’éducation.
Ce soir, en plus de cet appel à la responsabilité, j’invite les élus de la commune, de nos communes, les Crollois et au-delà à adresser quatre courriers, au Président de la République, au Premier Ministre, au ministre de l’Éducation, au ministre de l’Intérieur pour leur dire que demain notre jeunesse mérite mieux qu’une nouvelle manifestation en novembre. Qu’il faut instamment retrouver la voie du dialogue mais aussi de la fermeté pour celles et ceux qui loin des préoccupations des manifestants ont agi comme de simples voleurs opportunistes autour d’individus sous l’emprise d’idéologies diverses, mais dont le point commun est la chute de la démocratie.
Vive la République, vive la France.




